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samedi 7 juillet 2012

Les membres du CNNum démissionnent en bloc

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/les-membres-du-cnnum-demissionnent-en-bloc-39773859.htm#xtor=EPR-100

Les membres du CNNum démissionnent en blocPolitique - La nomination d’un transfuge du cabinet ministériel de Fleur Pellerin et l’annonce d’une mission de réflexion sur l’évolution du Conseil national du numérique ont été accueillies par la démission de tous les membres du CNNum. Le rejet collectif d'une prise en main du CNN par le gouvernement ?
Avis de tempête. Est-ce la nomination par le gouvernement d’un membre d’un cabinet ministériel au poste de secrétaire général du Conseil national du numérique qui a mis le feu aux poudres ? Ou est-ce plutôt la mention de la réflexion engagée par le gouvernement sur le rôle du CNN ?
Quoi qu’il en soit, cette nomination et l’officialisation de l’évolution prochaine du rôle du CNN ont été accueillies froidement par le Conseil qui a publié un communiqué annonçant que tous les membres remettaient leur mandat au président et au premier ministre. En clair, les membres du CNN démissionnent en bloc.
"L'indépendance" du CNN en péril ?
« Soucieux de faciliter cette réflexion sur la gouvernance du numérique, les membres du CNNum ont décidé de remettre leur mandat à la disposition du Président de la République et du gouvernement. Cette décision n'engage toutefois pas Gilles Babinet, dont la mission de "digital champion" auprès de la Commission européenne doit être préservée dans l'intérêt du numérique » écrivent-ils ainsi.
Le communiqué précise également que le CNNum « prend acte » de la nomination de Jean-Baptiste Soufron et rappelle que « depuis sa création, de nombreux rapports et avis ont été émis en toute indépendance. » Une indépendance que le CNNum estimerait donc remise en cause ?
Cette indépendance avait pourtant été remise en question dès la création du CNN, dont les membres avaient tous été désignés. par Nicolas Sarkozy. Dans une interview, l'ex-président du CNN, Gilles Babinet reconnaît d'ailleurs avoir été "cornaqué par l'Elysée".

dimanche 27 mai 2012

Neutralité du Net : « Les pouvoirs publics devront intervenir dans un avenir proche »

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/neutralite-du-net-les-pouvoirs-publics-devront-intervenir-dans-un-avenir-proche-39771603.htm#xtor=EPR-100

Neutralité du Net : « Les pouvoirs publics devront intervenir dans un avenir proche »Réseaux - Si le numérique a été traité à la marge durant la campagne présidentielle, il émerge de nouveau politiquement par le biais d’un rapport de Laure de la Raudière consacré à la neutralité du Net. L’occasion pour la parlementaire UMP d’en appeler à l’intervention publique et à des actions européennes sur la question.
Déjà auteure avec la députée PS Corinne Erhel d’un rapport sur la neutralité des réseaux, la parlementaire UMP Laure de La Raudière a réalisé un état des lieux de la neutralité en Europe. Un document remis le 4 mai, avant donc la dissolution du gouvernement, au ministre en charge du numérique, Eric Besson.
Premier constat réalisé par la députée : la neutralité du Net est devenue une « vraie question politique en Europe », suite notamment à la transposition du Paquet Télécom contenant plusieurs dispositions dans ce domaine.
L'Europe s'active, du moins sur le terrain de la réflexion...
« Au niveau des régulateurs, des travaux ont été engagés partout sauf en Estonie et en République Tchèque » observe la députée. « Les principaux sujets traités sont la mesure de la qualité de service et la transparence et, moins fréquemment, la gestion de trafic » pondère-t-elle.
A l’échelon des institutions européennes, Laure de la Raudière rappelle l’adoption par le Parlement d’une résolution relative à l’Internet ouvert, la prise de position du Conseil de l’Europe en décembre 2011 ou encore la réalisation, à la demande de la Commission, d’une enquête sur les pratiques de gestion de trafic des opérateurs.
Pour autant, si la neutralité des réseaux est considérée comme un réel sujet politique, le débat progresse de manière inégale d’un Etat membre à un autre. Difficile dès lors d’avancer de front en Europe selon une ligne commune.
Concernant l’interconnexion, la position de l’Arcep ne fait ainsi pas consensus en Europe, note Laure de La Raudière. « Les régulateurs de plusieurs pays sont sceptiques sur la nécessité d’accorder une attention plus importante aux évolutions de l’interconnexion et souhaitent éviter que l’analyse du problème ne conduise à sa création » écrit-elle.
Peering : pas un débat pour nos voisins européens
Sur la base de cet observatoire des actions de nos voisins européens sur la question de la neutralité des réseaux, la parlementaire estime nécessaire d’envisager une intervention des pouvoirs publics. Contrairement à la position de l’Allemagne, elle juge que la concurrence n’est pas suffisante pour garantir la neutralité du net.
« L’intervention publique est nécessaire pour corriger le marché, au-delà des actions générales visant à renforcer la transparence » considère Laure de La Raudière. Afin de mener le chantier à l’échelle de l’Europe, elle propose par ailleurs de promouvoir une « définition homogène de la neutralité » au niveau européen, éventuellement en s’inspirant des définitions de l’Arcep.
Parallèlement, la députée UMP préconise l’interdiction des blocages, de collaborer avec les FAI (à l'image du Royaume-Uni) pour améliorer la transparence, une mesure indépendante de la qualité de service et de poursuivre les travaux autour de la différenciation des flux et de l’interconnexion.
« Il n’existe clairement pas de consensus au niveau européen sur ces sujets complexes, contrairement à la transparence et au blocage. Il s’agit pourtant d’enjeux fondamentaux sur le plan économique » défend Laure de la Raudière.

mardi 17 avril 2012

Open Data : le portail data.gouv.fr passe en V2 avec des fonctions collaboratives

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/open-data-le-portail-datagouvfr-passe-en-v2-avec-des-fonctions-collaboratives-39770815.htm#xtor=EPR-100


Open Data : le portail data.gouv.fr passe en V2 avec des fonctions collaborativesTechnologie - Le portail Open Data de l’Etat consacré au partage des données publiques passe en version 2 et intègre une dimension communautaire au travers de fonctionnalités collaboratives. La plate-forme technique data.gouv.fr évolue aussi et les arbitrages sur la V3 commencent. Entretien avec la mission Etalab.
La France poursuit ses développements sur la mise à disposition des données publiques ou Open Data. Lancé en décembre 2011, le portail data.gouv.fr (budget : 2 millions d'euros engagés ou programmés) évolue techniquement par itérations (méthodes agiles) et accueille un nombre croissant de jeux de données déposés par de nouveaux producteurs de données. Dernier en date : La Poste.
« Le maître mot depuis la nomination de la mission Etalab, c’est collaboration avec les administrations et gouvernance ouverte avec la communauté de l’Open Data. La V2 est l’illustration de cette gouvernance ouverte entre l’administration et les réutilisateurs de données publiques puisque c’est le cœur des nouvelles fonctionnalités » explique-t-on à Etalab.
Collaboratif et RSS enfin ajoutés
En exclusivité, ZDNet.fr a eu accès à la nouvelle version de data.gouv.fr.
La principale évolution de cette V2  est l’ajout de fonctionnalités collaboratives qui permettent aux internautes, en particulier les utilisateurs de données publiques, d’interagir avec la plate-forme via l’intermédiaire de commentaires/questions déposées directement sur le site – des messages rattachés à un jeu de données.

Ils peuvent aussi discuter avec les producteurs de données. Actuellement 200 coordinateurs désignés dans les différentes administrations répondent directement aux questions qui leur sont adressées. Un community manager interviendra également pour l’animation des échanges et assurer un premier niveau de réponse – acteur aussi en charge de l’animation sur les réseaux sociaux.
« Nous avons conçu un système de navigation sémantique contextuelle dans les contenus du catalogue : entre les jeux de données, la licence, les thématiques, la zone du territoire concernés et les producteurs de données, etc.). Cette navigation sémantique contextuelle s’applique également aux échanges de la communauté : des questions et idées aux réponses apportées, des questions aux jeux de données concernés, des contributeurs à leurs autres discussions en cours, des réponses aux producteurs de données… » précise Charles Ruelle, directeur technique d’Etalab.
« Pour nous, l’objectif c’est vraiment d’avoir un espace d’échange consacré à l’Open Data : actualité, usages, jeux de données, réutilisations, espace de suggestion, boîte à idées… […] Le volet forum permet de mieux qualifier les jeux de données et surtout de constituer une base de connaissances qui au fur et à mesure va s’enrichir et s’agréger. Nous allons ainsi pouvoir capitaliser sur l’ensemble de ces échanges grâce à des thématiques, des mots clés et aux liens entre discussions et jeux de données concernés » ajoute-t-il.
Modération a posteriori, un choix pas "anodin"
La modération des messages se fait a posteriori. Les producteurs de données sont informés de leur publication par un système d’alerte. Si ce principe de modération est classique sur Internet, c'est une nouveauté pour plusieurs ministères qui n’entretiennent pas habituellement d’interactions directes avec le citoyen.

« C’est un vrai choix stratégique de faire de la modération a posteriori sur un site .gouv.fr. La finalité est d’avoir de plus en plus de données publiques en ligne et de pousser leur réutilisation pour dynamiser l’écosystème et faire émerger des services » assurent les représentants d’Etalab, qui admettent que certaines questions pourraient gêner des administrations.
Dans ce cadre, Etalab consacre du temps à l’accompagnement des coordinateurs, ces correspondants Open Data au sein des producteurs de données. Ce suivi au quotidien s’ajoute aux formations (une dizaine de réunions de formation) des coordinateurs réalisées depuis 2011.
Côté backoffice, le prestataire technique Logica a fait évoluer les différentes briques technologiques (CMS, moteur de recherche, échanges de fichiers…).
La Data visualization à l'étude pour la V3 du portail
Etalab planche déjà sur la V3 du portail qui devrait être en ligne cette année, avec une première étape avant l’été et une deuxième en septembre. Un atelier de travail avec les producteurs de données s’est déroulé au cours de la première semaine d’avril.
Quelles fonctionnalités seront mises en œuvre pour la V3 ? Plusieurs pistes sont à l'étude. Par exemple, un volet visualisation de données, à l’image du site wheredoesmymoneygo.org, la possibilité de se connecter à data.gouv.fr depuis un compte Facebook ou Twitter et la création d’un profil enrichi d’utilisateur sur le portail. Une certitude, elle apportera des progrès au niveau de la normalisation.
« Le catalogue de jeux de données que nous avons déjà déployé se matérialise sous la forme d’une ontologie, intégrant les standards sémantiques OWL, RDF,  SKOSS, DCAT, DCMI, FOAF. Cette ontologie normalise la description des jeux de données et intègre des vocabulaires pour les thématiques (EUROVOC) et pour le zonage administratif national (COG de l’INSEE) » explique Jean-Christophe Renou de Logica.
« Nous travaillons maintenant à la normalisation des jeux de données eux-mêmes dans l’objectif d’une part de pouvoir fournir de nouveaux services avancés autour des données et d’autre part d’inscrire l’initiative open data nationale dans la mouvance de Linked Data » ajoute-t-il encore.
Reste cependant au moins une faiblesse, pointée depuis le lancement de data.gouv.fr : celle des formats de fichiers, majoritairement des formats propriétaires de Microsoft. La promotion de l’usage des formats libres et ouverts, qui est une des missions d’Etalab, doit encore se concrétiser au niveau de la production des jeux de données. Mais son succès repose sur l’implication des administrations et de la Disic, la DSI de l’Etat.

mardi 3 avril 2012

Cloud Andromède : un projet sinon rien pour Dassault Systèmes

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/cloud-andromede-un-projet-sinon-rien-pour-dassault-systemes-39770291.htm#xtor=EPR-100


Cloud Andromède : un projet sinon rien pour Dassault SystèmesTechnologie - Un projet de Cloud souverain sinon rien : c’est la solution défendue par Dassault Systèmes pour qui les 135 millions d’euros de financement de l’Etat doivent aller à un seul dossier de Cloud Computing. En cas de partage de l’enveloppe avec le projet porté par Orange et Thales, Dassault Systèmes menace d’abandonner selon La Tribune.
Avec 135 millions d’euros à la clé, le projet de Cloud souverain Andromède a de quoi attiser les rivalités. Et selon La Tribune, à quelques jours de la décision finale du gouvernement, les tensions sont encore plus vives.
Sur la table, deux grands projets sont en compétition : celui défendu par Thales et Orange est ainsi confronté à un dossier promu lui par Dassault Systèmes et SFR – Dassault qui jusqu’en décembre était partenaire de Thales et Orange.
Dassault Systèmes ne veut pas partager ni être concurrencé par Orange/Thales
Selon La Tribune, le comité d’investissement du FSN (Fonds pour la société numérique) s’est déjà réuni le 30 mars. Ses conclusions seront présentées aujourd’hui 2 avril au commissaire général à l'investissement, René Ricol. C’est enfin François Fillon qui tranchera en fin de semaine.
Si, à ce stade, les deux projets pourraient bénéficier du financement de l’Etat (ce serait la principale recommandation du FSN), une telle perspective ne fait pas l’unanimité. Dassault Systèmes combattrait, notamment auprès de l’Elysée, un tel scénario en menaçant de jeter l’éponge si le projet d’Orange et Thales était aussi retenu.
Ce jusqu’au-boutisme ne serait d’ailleurs pas du goût de son partenaire SFR, qui en mars a d'ailleurs annoncé un partenariat technique et commercial dans le Cloud Computing avec HP.
Saupoudrer mènerait à l'échec selon l'Afdel 
L’idée d’un Cloud souverain unique est soutenue par un groupe d’industriels du secteur, l’Afdel (Association Française des Editeurs de Logiciels).
Dans une tribune parue en mars, son secrétaire général, Loïc Rivière, appelait le gouvernement à ne pas « disperser ses efforts » en apportant son soutien à un unique projet. « Un projet, et non plusieurs, car le saupoudrage, conduirait en la matière à l'échec » ajoutait-il.
Mais le soutien de l’Afdel n’est sans doute pas étranger à la présence dans son organigramme, en tant que vice-président, de Philippe Forestier, par ailleurs vice-président exécutif de Dassault Systèmes. Thales et Orange ne sont en revanche pas membres de l’Afdel.

lundi 21 novembre 2011

Emploi IT : une bataille des chiffres entre le Syntec et le Munci qui n’est pas anodine


Emploi IT : une bataille des chiffres entre le Syntec et le Munci qui n’est pas anodineDébat - Chômage dans la profession, nombre d’informaticiens en France, tension ou non des métiers du numérique, hégémonie patronale… Syntec Numérique et Munci, une association d’informaticiens, s’affrontent sur les chiffres. La question centrale : le lobbying en faveur du numérique autorise-t-il tout ?
Volonté de lobbying et échéances électorales poussent les acteurs du numérique à multiplier les contacts et les initiatives en direction des dirigeants politiques – et réciproquement. En France, Syntec Numérique entend ainsi mobiliser autour de son leadership.
Pour défendre ses métiers et les intérêts de ses membres, le syndicat patronal soigne donc particulièrement son image, insistant notamment sur le poids économique des entreprises du secteur.
Un taux de chômage qui a son importance
Pour cela, il s’appuie notamment sur plusieurs chiffres, qu’il défend ardemment face aux contestations, en particulier de la part du Munci, une association d’informaticiens. Le président de Syntec Numérique, Guy Manou-Mani, a défendu ces chiffres à l’occasion de sa conférence du 17 novembre sur la conjoncture 2011-2012.
« Nous serons particulièrement scrupuleux sur la donnée des chiffres. Et chaque fois, nous reprenons les chiffres de l’Apec en direct, sans aucun changement ou arrangement » jure-t-il avant d’annoncer un taux de chômage des informaticiens basé sur une estimation de 700.000 à 800.000 emplois.
« 24.000 [Ndlr : il y avait 25.900 chômeurs de catégorie A en septembre] sur 800.000, cela fait 3% de chômage. C’est un chiffre incontestable et qui n’est pas donné par nous pour je ne sais quelle idée » calcule ainsi le président de Syntec Numérique. Problème, comme le relève notamment le Munci, d’ailleurs directement pointé du doigt durant la conférence, cette donnée est bien erronée.
Elle n’est en tout cas pas le fruit d’une comptabilisation de l’Apec. Car selon le Munci, qui se réfère à des études de l’Apec, pour l’agence « il y aurait environ 391.000 salariés (cadres et non cadres) exerçant en France une fonction dans l’informatique. » Au 2eme trimestre 2011, l’Insee dénombrait 533.000 informaticiens salariés et demandeurs d’emploi.
"Exagérer les difficultés de recrutement", levier économique des SSII
Avec une base de 800.000 informaticiens, le taux de chômage est donc totalement différent qu’avec 533.000 (3,3% au lieu de 4,8%). Si Syntec Numérique se défend de toute volonté d’instrumentaliser les chiffres (les libertés prises avec les chiffres de la filière nucléaire française démontrent que l’exercice n’est pas exempt d’arrières pensées), le Munci se pose là encore en contradicteur.
« Exagérer les “difficultés de recrutement” a toujours été un moyen pour les SSII de légitimer davantage le recours à l’offshore et à l’immigration économique depuis les pays à bas coûts… souvent synonymes de dumping social, réduction des coûts oblige ! Autre intérêt : bénéficier des fonds publics (pôle-emploi et collectivités territoriales) pour former, souvent à la va-vite, des non-informaticiens à nos métiers » pointe l’association.
« Toute les entreprises souffrent d’une tension » a d’ailleurs clamé Guy Manou-Mani. « C’est un mauvais combat, un très mauvais combat, pour ces associations pseudo-syndicales qui contestent ces chiffres parce qu’elles nous empêchent de faire pression sur les pouvoirs publics pour améliorer le nombre d’ingénieurs, pour encourager le public à choisir ces professions » ajoute-t-il.
Les contestations sont un mauvais-combat selon Syntec Numérique
En clair, la contestation pénaliserait le secteur et ses métiers. Régis Granarolo, président du Munci, reconnaît que les critiques dont l’association fait l’objet de la part du Syntec Numérique sont de « bonne guerre », mais conteste avoir une attitude « contre productive. »
« Ce n’est pas en communiquant des chiffres erronés et en donnant des repères qui ne sont pas les bons que nous serons pris au sérieux. Au contraire, pour gagner en crédibilité auprès des politiques, il est indispensable d’être capable de fournir des chiffres fiables. »
Fiabilité qui ferait d’ailleurs aussi défaut à un autre chiffre avancé par Syntec Numérique pour dénoncer la circulaire Guéant sur les jeunes diplômés étrangers. « Malgré nos efforts, cette circulaire est sortie et a pénalisé 6.000 jeunes étrangers en situation régulière, qui ont fait des études dans nos grandes écoles » dénonçait Guy Manou-Mani.
Questionné, à plusieurs reprises, Syntec Numérique assure que ces 6.000 diplômés concernent la seule filière du numérique. Le Munci, favorable à un maintien sous conditions de la circulaire Guéant, juge le chiffre de 6.000 diplômés étrangers « totalement extravagant »
"Nous représentons toute la profession". Non répondent Munci et Cicf
Selon le Collectif du 31 Mai, cité par l’AFP, toutes filières confondues (grandes écoles ou non), ces étudiants étrangers concernés seraient 10.000. Outre le gouvernement et l’application stricte de la circulaire, Syntec Numérique désigne un autre responsable à la situation des étudiants étrangers.
« Comme certaines personnes dans nos métiers continuent à dire qu’il y a du chômage, les métiers du numérique n’ont pas été considérés comme sous tension. Depuis le 17 août, les préfectures considèrent que les candidats étrangers à des métiers dans le numérique, n’étant plus sur la liste des métiers sous tension, elles n’ont plus à accorder de permis de travail » argue Eric Tirlemont, co-président de la commission marchés-tendances.
Attaqué sur l’hégémonie du Syntec, Guy Manou-Mani répond « que c’est plutôt dans l’intérêt général de l’industrie du numérique (…) Nous représentons toute la profession. Et vous avez le Munci (…) qui fait son fond de commerce sur la contestation de nos chiffres. Je dis qu’il travaille contre l’intérêt de toute la profession et surtout de nos salariés. »
« Nous sommes en démocratie et que les associations y ont un rôle important à jouer, y compris les associations professionnelles comme la notre » rétorque le Munci, qui s’est rapproché du CICF Informatiques pour faire entendre les revendications des indépendants et TPE de l’IT, non représentés selon eux par Syntec Numérique.
« Ces entreprises pâtissent par ailleurs d’une intermédiation exagérée [Ndlr : sous-traitance en cascade opérée par les grandes SSII] et d’un déréférencement auprès des grands comptes » déclarait ainsi récemment Marie Prat, présidente de la CICF Informatique.