Analyse -
L'arrivée des smartphones personnels dans les entreprises
remet en cause les politiques de gestion et de sécurité. Quelles sont
les tendance du phénomène BYOD (bring your own device), comment
accompagner ces transformations ? Orange publie avec BearingPoint un
livre blanc et étoffe ses solutions.
Encore discret il y a deux ans, le phénomène BYOD (bring your own
device) est une tendance de fond dans les entreprises. De plus en plus
équipés de smartphones de dernière génération à titre personnel, les
salariés entendent désormais utiliser leurs terminaux pour leurs tâches
professionnelles.
D'où une pluie de problématiques aussi diverses
que critiques pour les directions informatiques. Ces dernières ont
aujourd'hui de plus en plus de mal à imposer des terminaux mais doivent
au contraire gérer ces flottes hétérogènes qui entrent 'par le bas' tout
en assurant la sécurité du système d'information.
Orange Business
Services (OBS) a voulu en savoir plus sur ce phénomène et a commandé
une vaste enquête à BearingPoint qui a interrogé des décideurs et des
utilisateurs dans des entreprises de toutes tailles dans cinq pays
européens (2300 personnes en tout) et qui a débouché l'édition d'un
livre blanc.
En matière de mobile, les collaborateurs deviennent de nouveaux décideurs
"Une
chose est sûre désormais, les collaborateurs deviennent de nouveaux
décideurs des solutions de communication en entreprise", souligne Vivek
Badrinath, directeur exécutif d'OBS. "Cette évolution crée un casse-tête
pour nos clients", ajoute-t-il.
Un casse-tête qui correspond en
fait à un dilemme perso/pro "à considérer au plus haut niveau
hiérarchique des entreprises car le DSI n'est plus le seul décideur",
explique le directeur.
Il faut dire que la tendance est rapide.
Selon l'étude menée, 84% des salariés utilisent des outils de
communication de la vie personnelle à des fins professionnelles (69%
selon une autre étude d'IDC). Il faut dire que le nomadisme des salariés
a accéléré le mouvement : 63% des employés sont en situation de
mobilité au moins une fois par semaine.
Très au fait des
évolutions technologiques, les souhaits des employés sont très clairs :
74% veulent pouvoir accéder à leur environnement de travail à partir de
n'importe quel écran connecté. Et 50% souhaitent une convergence entre
ligne fixe et mobile.
"L'environnement de travail doit s'adapter
aux nouveaux besoins", résume Isabelle Denervaud, directrice associée
chez BearingPoint. "Si le salarié utilise son terminal personnel dans
l'entreprise, celle-ci doit lui fournir l'environnement applicatif
adéquate : applications métier, connexion au SI mais aussi messagerie
instantanée, outils collaboratifs, VoIP etc...".
Autant d'éléments
qui remettent en cause les pratiques classiques d'organisation. "Les
approches ne peuvent pas être standardisées car les flottes deviennent
hétérogènes", ajoute la responsable.
Comment anticiper cette
situation ? L'inertie semble être la pire erreur... Au lieu d'attendre
d'être devant le fait accompli, "les entreprises doivent élargir le
catalogue de terminaux proposés et d'applications disponibles", souligne
Isabelle Denervaud. La stratégie du blocage n'est plus conseillée...
Défis multiples
Que
le terminal soit fourni par l'employeur ou apporté par le salarié,
comment gérer les problèmes de facturation ? Le scénario de l'abonnement
pro et du terminal pro avec usage contrôlé n'est plus adapté à la
réalité. "Les entreprises doivent accepter une solution hybride avec un
abonnement pro qui vient se rajouter à l'abonnement personnel du salarié
équipé de son propre terminal", préconise la spécialiste.
La
solution implique d'importants challenges de gestion mais permet de bien
séparer les deux usages avec le même terminal. C'est le choix qui a été
fait par la SNCF pour 10 000 contrôleurs équipés par la société de
smartphones Samsung Galaxy S avec OBS.
"Les deux environnements
sont bien séparés et les contrôleurs reçoivent une facture détaillant
les deux usages, dont celui pris en charge par l'employeur. Pour autant,
il faut travailler sur la clarté de ces factures car sa compréhension
peut apparaître complexe, un usage personnel pouvant dans certains cas
être considéré comme un usage professionnel", explique Philippe Mouly,
en charge du projet à la SNCF.
On l'a dit, ces approches
impliquent des défis multiples. BearingPoint a listé les cinq principaux
: adapter la politique de sécurité à cette flotte hétérogène (notamment
pour les données de l'entreprise stockées), déployer les outils de
management centralisés et multi plates-formes, répartir les dépenses
entre l'entreprise et ses employés, définir la segmentation des
utilisateurs (quels risques par rapport à telle population) et définir
des chartes et des règles d'usage notamment pour éviter que la frontière
entre vie personnelle et vie professionnelle ne finisse par
complètement disparaître....
Ces défis sont désormais couverts
par les solutions de 'device management' proposées par certains
fabricants comme RIM (Blackberry) et par les opérateurs. OBS n'est pas
en reste avec de nouvelles solutions permettant d'accompagner ces
changements.
On retiendra la gamme 'device management' qui permet
de maîtriser le par actif de mobile (après audit interne), de déployer à
distance des applicatifs personnalisés depuis une console Web pour tous
types de terminaux (sauf Windows Phone) quelque soit l'opérateur,
d'autoriser les usages (administration des profils) et bien sûr
d'appliquer la politique de sécurité de l'entreprise en protégeant les
données professionnelles.
Cette gamme est déclinée en deux offres :
premium pour les grandes entreprises (7,50 euros par mois et par
ligne), c'est la solution choisie par la SNCF pour gérer les smartphones
de ses contrôleurs, et Express pour les PME (2,25 euros par mois et par
ligne).
http://www.businessmobile.fr/actualites/smartphones-persos-en-entreprise-le-point-sur-le-byod-une-tendance-de-fond-39769657.htm#xtor=EPR-100